22 Déc2016
 

Le premier juin dernier, peu avant mon départ pour la première édition de la TransAtlantic Way, je publiais un article présentant le matériel de bivouac que je comptais utiliser sur cette épreuve.

Matériel pour bivouaquer léger

Matériel pour bivouaquer léger (environ 2 kg)

Ce matériel était transporté dans un sac étanche (orange) attaché sur mon porte-bagages.
J’avais baptisé ce sac BwB (Bed without BreakfastLit sans petit-déjeuner) par allusion aux B&B (Bed and Breakfast – Chambre d’hôtes).

TAW 2016 : le vélo chargé

Sur le porte-bagages : le sac étanche (orange) avec le matériel de bivouac

Ayant réalisé cette première édition de la TAW selon une version plutôt « tourisme » (me contentant de 180 kilomètres par jour), je n’ai bivouaqué que quatre fois sur treize nuits (les autres nuits étant passées en B&B).

Bivouacs au cours de la TransAtlantic Way (TAW) 2016

Bivouac du 17 au 18 juin 2016

17-18 juin : dans un champ

Bivouac du 20 au 21 juin 2016

20-21 juin : derrière une église

Bivouac du 24 au 25 juin 2016

24-25 juin : devant un hangar

Bivouac du 29 au 30 juin 2016

29-30 juin : sur une aire de pique-nique


Ces quatre bivouacs réalisés en Irlande durant une période particulièrement pluvieuse et venteuse m’ont permis d’en tirer une expérience intéressante pour la suite…

Voici le compte-rendu de l’utilisation de ce matériel en conditions réelles :

1. Tapis de sol

Non présent sur la photo de début de cet article, ni dans la description de mon article « A long distance cyclist’s bivy is his castle », ce tapis de sol est en Tyvek (Cf. plus loin).

On peut l’apercevoir ci-dessus sur les photos de mes quatre bivouacs.

Mesurant 2,10 m sur 80 cm ce tapis de sol est assez léger (mesuré à 98 grammes sans emballage), facile à replier même dans le vent.

J’ai choisi d’emporter ce tapis afin de protéger mon bivy : éviter de le salir (boue) et surtout de l’user prématurément en m’installant n’importe où.

Je l’ai payé 11,50 € chez High Mobility Gear.

Pour info, le Tyvek (nom déposé de DuPont de Nemours) est un matériau fait de fibres non-tissées de polyéthylène.
Cela ressemble à du papier un peu rigide mais c’est totalement indéchirable (et ça ne craint pas l’eau !).
En le posant sous mon bivy j’avais l’assurance d’éviter de percer celui-ci en cas de caillou, épine, bout de verre… sur le sol.

Seul regret : sa couleur blanche… Un vert sombre / marron aurait été plus approprié.
Par « chance », du fait de sa fonction et des conditions météo, il n’est pas resté vraiment blanc bien longtemps…

Tapis de sol « Luxe Outdoor – Ultralight Footprint 210 x 80 »
Le tapis de sol replié

Le tapis de sol plié

Tapis de sol : gros plan sur le Tyvek

Gros plan sur le matériau


Grâce à ce tapis le dessous du bivy est resté propre et en parfait état.

Le tapis était simplement replié et rangé à l’extérieur entre mon sac étanche et le sac de selle Apidura.

Rangement du tapis de sol pour la route

Le tapis de sol rangé pour la route

2. Bivy

Le composant majeur de mon bivouac c’était bien évidemment mon « bivy » Outdoor Research Helium Bivy (mesuré à 529 grammes).

Comme je l’ai déjà présenté, je ne vais pas y revenir. Je m’en tiens ici au retour d’utilisation.

J’ai subi plusieurs averses en cours de nuit et n’ai jamais eu à déplorer la moindre entrée d’eau, ce qui est primordial.

Il est censé être en tissu respirant (« Pertex Shield+ » – équivalent du Gore-Tex).
Effectivement je n’ai pas souffert de condensation interne (pourtant j’évacue beaucoup d’eau (surtout après un effort intense) et il faisait plutôt frais dehors.

En revanche, en le fermant entièrement j’avais tendance à suffoquer. Le tissu est peut-être respirant mais pas assez pour que me laisser respirer sereinement en fermant tout…
Cela dit, le bivy étant pourvu d’une double fermeture (moustiquaire + fermeture générale) il m’a suffi de laisser une partie de l’ouverture principale entrouverte au niveau du visage pour respirer sans problème mais sans souffrir pour autant de la moindre entrée d’eau.

Bien que l’on puisse le maintenir au sol par des piquets je n’en ai jamais utilisé. Il suffit de faire attention en cas de grand vent et de se dépêcher de le « lester » en mettant quelques affaires à l’intérieur.

Bivouac léger et confortable

Outdoor Research Helium Bivy

3. Matelas pneumatique

Disposer d’un matelas pneumatique permet de régulariser un sol naturel, de rendre plus confortable un dalle en béton ainsi que limiter les pertes de chaleur par le sol.
Pour moi c’est un élément indispensable pour dormir correctement et récupérer des efforts du jour. Surtout sur des épreuves de plusieurs milliers de kilomètres…
Mon matelas de bivouac est un Therm-A-Rest Neoair XLite Large (mesuré à 449 grammes).

Rien à redire sur ce matelas qui m’a entièrement donné satisfaction.
Bien évidemment sa relative faible épaisseur le rend moins confortable qu’un vrai matelas de camping mais pour du bivouac c’est un excellent compromis.

Matelas Therm-A-Rest Neoair XLite

Matelas Therm-A-Rest Neoair XLite

À noter que s’il est tentant d’utiliser des supports artificiels si l’on en trouve (dalle béton, sol en planches…) pour leur côté plan et « propre », une surface naturelle (herbe, sable…) sera toutefois plus confortable… Mais généralement on fait avec ce que l’on trouve…

4. Pompe

Comme je l’avais indiqué j’ai emporté une pompe Therm a Rest – NeoAir Mini Pump, spécialement étudiée pour mon matelas pneumatique (mesurée à 74 grammes avec les piles).

Je trouvais que les faible poids et encombrement de cette pompe me permettaient de m’offrir le luxe d’éviter de m’époumoner chaque soir.
Pas de regret.
C’est bien pratique de dérouler son matelas dans le bivy, brancher la pompe et s’affairer à autre chose le temps que celle-ci remplisse (rapidement) son office.
Il suffit de finir le gonflage à la bouche par deux ou trois expirations en fonction de la fermeté de matelas désirée.

À noter que l’essentiel du poids de la pompe est constitué par les deux piles R6 (AA). En cas de besoin (ce sont les mêmes que celles de mon GPS) elles pourraient être utilisées en secours.

Therm a Rest - NeoAir Mini Pump

Therm a Rest – NeoAir Mini Pump en action

5. Sac de couchage et drap-sac

D’un côté je n’ai pas eu à me plaindre de mon sac de couchage (Me°ru’ Ultralight X-Large – 799 grammes).
Associé à un drap-sac en soie (Wilsa-Outdoor – 111 grammes) je n’ai jamais eu froid.

De l’autre… je ne crois pas que ce soit la meilleure solution pour bivouaquer.

La raison ?
Rentrer dans un duvet n’est pas toujours simple.
Si un drap-sac ajoute en protection thermique et permet de maintenir la propreté du sac de couchage, il complique un peu plus la rentrée et la sortie du duvet…

Et lorsque tout cela doit se passer dans un « bivy » (qui n’est jamais qu’un sur-sac étanche – rien à voir avec une tente, même petite)… cela devient compliqué…
En clair cela consiste à essayer de rentrer (ou sortir) de trois sacs imbriqués les uns dans les autres…

Dimensions Outdoor Research Helium Bivy

Dimensions officielles de l’Helium Bivy

Durant la TransAtlantic Way 2016 j’ai finalement majoritairement dormi en B&B.
Certes c’est beaucoup plus confortable mais ce n’est pas compatible avec l’esprit course (on ne peut pas finir très tard, il est très difficile de partir tôt, le confort se paie par une perte de temps importante).

Même si j’ai subi des averses lors de mes bivouacs je n’ai jamais eu à m’installer, ou à démonter mon campement, sous la pluie.
Et cela est crucial !
OK le bivy est étanche, mais s’il faut s’installer sous une pluie battante et en étant déjà soi-même trempé…
Si dans l’opération le duvet devait être mouillé… il serait impossible de le faire sécher avant la fin de l’épreuve…
Et un duvet trempé est non seulement inutile mais transporté replié dans son sac il va rapidement puer…

Pour moi, bivouac en bivy n’est pas rationnellement compatible avec un sac de couchage.

Ma décision est prise, pour mes épreuves de l’an prochain je prévois de passer beaucoup plus de nuits en bivouac mais je n’emporterai pas de sac de couchage !

  11 Responses to “Bivouac : retour d’expérience sur le matériel”

  1. Merci pour ce retour, perso j’arrive à gonfler le matelas en une dizaine d’insufflation ( 1200 Mc et 1000 du Sud). Même fatigué il suffit de prendre un peu de temps.
    L’avantage de la pompe est de limiter l’introduction d’humidité incluse dans les bouffées d’air et de prolonger ainsi la durée de vie du matelas ( du moins si l’on se fie aux propos sur des forums de randonneurs en montagne).
    Par contre ´ je confirme le confort du matelas en regard du sol direct sous le sac de couchage .
    J’ai aussi emporté un sous vêtement en mérinos histoire de ne pas dormir dans du synthétique gorgé de sueur.
    Je retiens le conseil de la tyvek qui me rappellera mes tenues de Zone!

    • Salut Pascal,

      Oui gonfler un matelas pneumatique avec la bouche n’est pas bon à cause de la vapeur d’eau qu’on y introduit et qui va favoriser le développement de champignons.
      L’intérêt de la pompe est aussi que l’on peut faire autre chose pendant ce temps là (3 minutes environ) d’autant que celle-ci étant purement volumique (pas de pression) il n’y a aucun risque de voir le matelas exploser !
      Le Tyvek (matériau du tapis de sol) est effectivement également utilisé pour des combinaisons de travail jetables dans certains milieux industriels.

      J’ai effectivement l’intention (j’y reviendrai) de remplacer le sac de couchage par des sous-vêtements techniques chauds et hydrofuges pour un poids et un encombrement identiques si ce n’est inférieur.

      Joyeuses fêtes !
      Roland

  2. Bonsoir Roland,

    Beau retour d’expérience pour ceux qui pratiquent dans les mêmes conditions que toi.

    Joyeuses fêtes à toi aussi et à bientôt.

    Daniel

  3. Salut Roland,
    Ben moi je dis, en lisant tout ça, je préfère mon lit de 160/200 avec une bonne couette et des draps en flanelle. Mais pas facile à transporter sur le porte bagage… :-))
    Bonne fêtes
    à bientôt
    Bises
    Rémi

    • Salut Rémi,
      Pour le confort le top c’est le B&B où généralement le lit a la taille que tu indiques et SURTOUT après il y a le FULL IRISH BREAKFAST !
      Mais bon…
      Cette année j’ai fait du « tourisme » avec seulement 180 km par jour mais pour viser les 300 bornes/jour il est indispensable de limiter le confort…
      Et en fait à moins de 220 km j’avoue que rapidement je fini par m’ennuyer…
      Bonnes fêtes et à bientôt !
      Roland

  4. Bonjour Roland
    et bonne année!
    Un bivy et pas de sac de couchage? alors quoi? des vêtements chauds? un pied d’éléphant associé à une petite doudoune? une couette ? il y a en a de bien légères chez CSC (ChroniqueSansCarbone par exemple)
    NB: le drap-sac est-il vraiment nécessaire?
    Autres remarques:
    – à la place du tyvek il y a aussi le polycree – il est transparent (on en trouve sur Arklight)
    – et pourquoi pas conserver le sac de couchage et passer au tarp ou à la tente simple et légère sans double-toit: tu respires, tu as de la place et tu peux même te préparer à manger (tu as différents modèles sur HMG et Arklight; et sur Randonner Léger tu as même des plans et retours de modèles DIY – DoItYourself dans la rubrique Atelier des bricoleurs)… un bivy moi qui suis un peu claustrophobe j’aurais l’impression d’étouffer. (je n’ai jamais essayé)..
    En randonnant à pied et parfois à vélo, cette question du bivouac me poursuit – chacun fait ses compromis et la recherche est permanente… Elle dépend aussi du climat rencontré!
    Bons préparatifs pour cette TAW sportive!
    bien amicalement
    Martine

    • Bonsoir Martine,
      Meilleurs vœux également pour 2017 !

      Il existe « plein » de possibilités pour « dormir dehors ».
      Aucune (à mon avis) ne peut satisfaire tous les cas de figure.
      La solution du tarp je l’avais éliminée pour l’Irlande.
      Le parcours n’est jamais abrité (du vent) et donc finalement de la pluie (c’est comme dans le Finistère : la pluie ne vient pas du ciel mais de partout…)
      Pour d’autres cas de figure j’emporterai tarp + hamac mais il faut un parcours avec des arbres…
      Ne pas oublier que sur un vélo de course on est limité par le poids ET par le volume du matériel.

      J’ai été TRÈS satisfait de mon bivy qui permet de se mettre à l’abri pour dormir sur une place minimaliste et sans recours à aucune infrastructure extérieure (mais en pouvant profiter de peu de chose pour s’abriter des plus grosses rafales et de la vue…).
      Pour 2017 je maintien ce choix.
      En revanche j’espère participer à cette deuxième édition de la TAW de façon plus… sportive.
      Cela implique d’être léger et de perdre le moins de temps possible.
      Je compte dormir le strict nécessaire et me contenter de « vêtements chauds »…

      Amicalement,
      Roland

      • Merci pour ta réponse!
        En effet aucune possibilité qui satisfasse tous les cas de figure…
        La recherche de la légèreté et d’un volume restreint je connais que ce soit à pied ou à vélo – pas question de me balader avec des kg inutiles et un volume superflu… Je peux parfois sembler sur-équipée par rapport aux « ultras » MUL et BUL ou CUL (*) de Randonner-Léger… Mais par rapport au randonneur ou au cyclotouriste lambda je suis « très très légère »… et toujours en recherche du meilleur compromis selon conditions et forme…

        Bonne préparation
        amicalement

        martine

        (*) MUL: Marcheur Ultra Léger / BUL ou CUL :(Bi) Cycliste Ultra Léger

  5. Bonjour à tous. Que de questions quand je lis l’article… Je retiens le bivy sans sac de couchage… Mais il faut que j’essaie… Le problème, pour ces épreuves d’endurance, c’est que le bivouac est obligatoire et le repos aussi… J’avoue être plutôt chochotte préférer un bon lit et être au chaud… J’ai de gros points d’amélioration pour être efficace…

    • Salut Denis,

      Attention, la question du sac de couchage c’est très personnel en effet.
      Il s’agit là de mon ressenti par rapport à l’expérience durant la TAW en Irlande l’année dernière (avec pluie tous les jours…).
      Sur la TCR on peut avoir très chaud le jour (en 2015 on a eu des 41°) mais très froid la nuit en montagne…
      La question est à étudier avec attention en fonction du parcours et de son expérience personnelle.
      Il vaut parfois mieux se charger un peu plus pour un « confort » supérieur. La récupération est aussi la clé de la réussite… ne pas réussir à dormir parce que l’on grelote c’est aller rapidement dans le mur…
      Il est conseillé d’avoir personnellement testé ses propres choix avant de partir.
      La logistique est au moins aussi importante que l’entrainement…

      Bonne préparation,
      Roland

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