26 Oct2010
 

(Pour un rappel du règlement des Diagonales de France)

(Lire le début du compte rendu du triangle BS-SP-PB)

Diagonale Brest-Strasbourg

du 26 au 29 septembre 2010.

Le départ est fixé au dimanche 26 septembre, 08h00.

Pourquoi 8 heures ? Pourquoi « si tard » ?
Cette question me sera posée plusieurs fois par d’autres diagonalistes ou saristes rencontrés en cours de route.
Il est vrai que beaucoup partent vers 5 heures du matin, quand ce n’est pas 3 ou 4 heures… Sans parler de ceux qui partent le soir avec l’intention de rouler 24 heures d’affilée…
Personnellement j’aime bien avoir minuit pour heure limite d’arrivée. Le délai pour Brest-Strasbourg étant de 88 heures, pour avoir minuit comme limite implique de partir… à 08h00. CQFD !
De la même façon, le départ de Perpignan-Brest (délai de 89 heures) aura lieu à 07h00. Mais n’allons pas trop vite, nous somme toujours à Brest !

L’intérêt de partir « si tard » est de m’assurer un minimum de sommeil pour la dernière nuit, ce qui est généralement un problème pour moi… Cette fois j’ai réussi à être couché à minuit. Avec un réveil à 05h30 j’avais une bonne nuit devant moi !

Triangle 2010, trois diagonales de France à la suite : Brest-Strasbourg, Strasbourg-Perpignan, Perpignan-Brest

Au commissariat de Brest, j’ai le plaisir de retrouver Vincent du forum « Super Randonneur ». En tant que sariste j’avais eu l’occasion d’aller encourager Vincent lors de sa première diagonale en avril dernier.

Départ imminent !

© Vincent Jaouen

Ce matin le temps est particulièrement frisquet : seulement 8° au thermomètre et un fort vent du nord qui donne une température ressentie bien plus basse.

À Landerneau je poste ma carte départ et mets le cap à l’Est pour une balade de 1050 Km sur le 48ème parallèle.

Landerneau, carte postale départ de Brest-Strasbourg

Pour quitter la Bretagne j’ai choisi de suivre la voie express N12 par des départementales qui jouent à saute-mouton avec celle-ci : Landerneau, Landivisiau, Morlaix, Guingamp, Saint-Brieux, Lamballe. Puis de continuer sur Dinan et Fougères.

26 septembre 2010, Brest-Fougères

Du côté de Lamballe, alors que je roule tranquillement dans la forêt, une petite voiture rouge me double prudemment, la conductrice me fait un signe amical et s’arrête : c’est Marie-France Lesné qui a la surprise de voir passer un diagonaliste sur « ses terres » !
Désolée de ne rien avoir à m’offrir elle trouve tout de même deux biscuits et trois brosses à dents (jetables) dans sa voiture ! Après avoir discuté un moment, je reprends ma route.

En arrivant sur Dinan, un cyclo venant en sens inverse fait demi-tour en me voyant. Cette fois c’est Denis, dit Ekinox sur le forum « Super Randonneur » qui me fait la surprise de venir à ma rencontre pour un bout de route et un guidage pour la traversée de Dinan !

Denis (Ekinox)

Arrivé à la sortie de Dinan guidé par Denis

© Denis (Ekinox)

Le soir même, c’est avec 25 minutes d’avance sur mon planning que j’atteins l’hôtel réservé à Fougères.

A vélo, oui ! A la chaîne, Non !

27 septembre 2010, Fougères-Fontainebleau

La deuxième étape me conduit tout d’abord à Fresnay-sur-Sarthe, mon troisième contrôle. J’y arrive sous une pluie fine mais bien dense et surtout bien froide… Copieux ravitaillement dans une supérette que je vais consommer dans un café, observant la grisaille et la pluie tomber inlassablement dehors…

Fresnay-sur-Sarthe, ravitaillement

Le temps passé lors de cette pause plus longue que prévue a été finalement payant : je me suis bien rassasié et, au moment de repartir, la pluie cesse ! Quelques kilomètres plus loin le soleil finit même par percer, d’abord timidement puis plus vaillamment ! Le relief du Perche finira par me… sécher !

À Chartres, JP, le patron de la Brasserie du Grand Faubourg où je m’arrête pour valider mon contrôle m’offre ma consommation !

JP, Brasserie du Grand Faubourg à Chartres

Adresse de la Brasserie du Grand Faubourg à Chartres

Finalement en arrivant à Fontainebleau je m’arrête au Grand Café pour tamponner mon carnet et cette fois le patron m’offre un chocolat chaud ! Un vrai, un chocolat chaud fait maison… délicieux ! D’autant plus que les cent kilomètres depuis Chartres étaient particulièrement frais : en cette saison la nuit tombe tôt et la différence de température entre le jour et la nuit est vraiment importante, surtout avec ce vent du nord qui n’arrête pas.

Le Grand Café à Fontainebleau

Encore une poignée de kilomètres et me voilà dans mon hôtel de Fontainebleau-Avon.

A vélo, oui ! A la chaîne, Non !

28 septembre 2010, Fontainebleau-Nancy

Pour mon troisième jour je dois atteindre Nancy.
Je n’emprunte que de toutes petites départementales. De ce fait je ne suis pas gêné par la circulation, ma bête noire ! En contrepartie il me faut être très vigilant question navigation mais j’ai bien préparé mon parcours, dispose d’un GPS et pas une fois ne me tromperais de route.
Reste que le plus gros de la journée se passe sous un ciel bien bas et bien gris…

Arrivant à Anglure un peu avant midi, le seul commerce ouvert pour mon contrôle est un restaurant ouvrier dont le menu du jour me fait de l’œil de façon insistante. Je décide de céder illico à la tentation !

Anglure

Ce n’est que peu de temps avant de se coucher que le soleil se décidera à montrer timidement le bout de son nez…

Pour mon septième contrôle, à Montiers-sur-Saulx, il n’y a pas d’autre solution que de prendre mon vélo en photo sous le panneau d’entrée de la commune. En effet celle-ci ne dispose plus du moindre commerce…

Montiers-sur-Saulx

Heureusement que j’ai fait le plein de provisions plus tôt dans la journée pour être sûr d’avoir quelque chose à manger ce soir.

Les 85 kilomètres qu’ils me restent pour atteindre mon hôtel de Nancy me semblent, comme toutes les arrivées sur de grandes villes, assez interminables. Il fait nuit et froid. J’ai même traversé du brouillard après Montiers-sur-Saulx, sur une route en réfection et donc peu roulante car couverte de gravas.

Et pour finir, la traversée interminable de zones industrielles…

À l’hôtel, il n’y a pas de borne automatique où mettre sa carte bancaire pour obtenir sa chambre mais un accueil. Sauf que le gardien n’est pas là et ne répond pas à la sonnette… Lorsqu’il finit par apparaitre cela fait bien vingt minutes que je glandouille dans le hall attendant de pouvoir enfin disposer de ma chambre…

A vélo, oui ! A la chaîne, Non !

29 septembre 2010, Nancy-Strasbourg

Pour mon dernier jour, selon mon habitude il ne me reste qu’une courte étape à accomplir pour boucler ma diagonale.
Dès le départ de Nancy, il pleut. La pluie ne fait même que s’accentuer pour devenir un vrai déluge lors de ma traversée de Lunéville. J’avais prévu un arrêt conséquent dans cette ville où j’ai habité enfant. La pluie et les 9° ne m’incitent finalement pas à m’attarder.

Le passage du col de la Chapelotte et surtout du Donon me réchauffe un peu… mais étant trempé jusqu’aux os, la re-descente sur Schirmeck, dernier contrôle avant l’arrivée, me fait de nouveau grelotter.

À Schirmeck il me faut être très fort : je valide mon carnet dans une brasserie où les bonnes odeurs de cuisine alsacienne et les cuivres des pompes à bières se liguent pour m’inciter à un arrêt prolongé ! N’écoutant que mon devoir je me contente d’un grand café et reprend la route. J’ai en effet rendez-vous en chemin pour Molsheim avec Jocelyne Hinzelin, sariste, qui m’a proposé son guidage jusqu’à Strasbourg et surtout un hébergement pour mon jour de repos avant la deuxième diagonale !

Les derniers kilomètres avant Strasbourg

© Jocelyne Hinzelin

Comme prévu je retrouve Jocelyne et la fin de la diagonale se fait sans soucis, guidé royalement jusqu’au commissariat de Strasbourg (après une halte à Molsheim pour poster la carte postale d’arrivée).

Molsheim, je poste la carte postale d'arrivée de BS !

© Jocelyne Hinzelin

Arrivé dans l’après-midi ce 29 septembre (j’avais jusqu’à minuit) cela me fait quelques heures de repos de plus avant de mettre le cap au sud pour Perpignan.

Alors que Jocelyne me demande si j’ai des souhaits particuliers pour mon séjours à Strasbourg, je lui dis que j’ai la ferme intention de manger une bonne choucroute (j’en rêve depuis deux jours de « ma » choucroute à Strasbourg !) et souhaite l’inviter pour la remercier de son hospitalité. Sur ce, elle me montre dans sa cuisine, une superbe choucroute qu’elle a cuisiné pour mon arrivée ! Un vrai régal !!!

Le jours de repos à Strasbourg sera mis à profit pour laver les vêtements utilisés lors de cette première diagonale (et surtout les faire sécher !) me régaler de bonnes choses sans la pression du chronomètre, préparer mon vélo pour la deuxième diagonale du triangle et… me reposer !

SAR : Strasbourg, Accueil Royal !

Compte rendu de la diagonale Strasbourg-Perpignan

26 Oct2010
 

(BS : Brest-Strasbourg, SP : Strasbourg-Perpignan, PB : Perpignan-Brest)
Cf. la page Diagonales de France

Triangle Brest-Strasbourg, Strasbourg-Perpignan, Perpignan-Brest

Il y a un an, du 27 septembre au 08 octobre 2009 je réalisais mes deux premières diagonales : un aller-retour Brest – Menton, Menton – Brest.
Durant l’hiver 2009-2010 je décidais de préparer un triangle Brest-Strasbourg, Strasbourg-Perpignan, Perpignan-Brest. Certes trois diagonales, mais « seulement » 250 Km de plus (Cf. le tableau des distances théoriques des diagonales).
Je prévoyais d’effectuer ce triangle du 30 mai au 12 juin 2010. Malheureusement un accident de ski en février m’a interdit de vélo durant de longs mois. Certes, « à l’insu du plein gré » de mon chirurgien j’ai effectué avec succès le BRM 600 de Brest fin juin (en vue de la présélection pour le Paris-Brest-Paris 2011). Ensuite j’ai préféré être prudent et ne suis plus remonté sur mon vélo jusqu’au BRM 1000 d’Auffay, fin août. Ayant réussi ce brevet de 1000 kilomètres je décidais de reprendre mon programme 2010, maintenant le « 1000 du Sud » du 11 septembre et reprogrammant l’enchainement des trois diagonales BS-SP-PB en septembre-octobre, aux mêmes dates finalement que mes diagonales de l’an dernier.
Au moment du départ de Brest-Strasbourg, le 26 septembre dernier, j’avais donc moins de 3000 Km de vélo depuis le début de l’année, ce kilométrage se résumant quasiment à un brevet de 600 Km et deux de 1000 Km…

Compte rendu de Brest-Strasbourg

19 Oct2010
 

Voilà exactement dix jours que j’ai terminé mon triangle 2010.

Dix jours bien occupés par le travail qui m’attendait en rentrant et par la priorité accordée à la rédaction des comptes rendus à envoyer à l’ADF (Amicale des Diagonalistes de France).
En effet la réunion des diagonalistes du Grand Ouest aura lieu cette année le 6 novembre à Avranches. Rentré un 9 octobre je n’avais que peu de temps pour renvoyer mes carnets de route accompagnés des comptes rendus.

La version Web de ces comptes rendus, plus étoffée, ne devrait pas tarder…

Dores et déjà un premier bilan : je n’ai à aucun moment souffert de mon épaule durant ce périple de plus de 3100 Km, et trois jours après mon retour le manque de sommeil était comblé. Pendant quelques jours j’ai eu tendance à « manger comme quatre » mais maintenant tout est rentré dans l’ordre (je ne mange plus que « comme deux » 😉 ).

11 Oct2010
 

En attendant le compte-rendu voici :

1) la carte du parcours réalisé :

Triangle 2010, trois diagonales de France à la suite : Brest-Strasbourg, Strasbourg-Perpignan, Perpignan-Brest

2) Liens vers les principaux articles postés durant ce triangle:

Brest-Strasbourg :

Départ de Brest, le 26/09
26/09, Saint-Brieux, contrôle 1
26/09, Fougères, contrôle 2
27/09, Fresnay/Sarthe, contrôle 3
27/09, Chartres, contrôle 4
27/09, Fontainebleau, contrôle 5
28/09, Anglure, contrôle 6
28/09, Montiers/Saulx, contrôle 7
28/09, Nancy, contrôle 8
29/09, Arrivée à Strasbourg
Brest-Strasbourg : faits et chiffres
30/09, Strasbourg, pause 1

Strasbourg-Perpignan :

Départ de Strasbourg le 01/10
01/10, Belfort, contrôle 1
01/10, Besançon, contrôle 2
01/10, Étape à Dole
02/10, Louhans, contrôle 3
02/10, Rochetaillée/Saône
02/10, Lyon, contrôle 4
02/10, Valence, contrôle 5
03/10, Uzès, contrôle 6
03/10, Sète, contrôle 7
03/10, Narbonne, contrôle 8
04/10, Arrivée à Perpignan
05/10, Perpignan, pause 2

Perpignan-Brest :

Départ de Perpignan le 06/10
06/10, Castelnaudary, contrôle 1
06/10, Montauban, contrôle 2
07/10, Bergerac, contrôle 3
07/10, Cognac, contrôle 4
07/10, Étape à Saint-Jean-d’Angely
08/10, Marans, contrôle 5
08/10, Le Pellerin, contrôle 6
09/10, Arrivée à Brest

18 Sep2010
 

Le « 1000 du Sud » est inscrit à mon programme depuis le début de cette année.

Malgré la fracture de mon épaule cette épreuve a toujours été dans mes objectifs. Seule grosse différence, alors que ce 1000 kilomètres aurait dû être le point final de ma saison il n’en est qu’un des premiers maillons.
Mon nombre de « sorties vélo » au moment du départ se monte à huit : six sorties de moins de 50 kilomètres (pour accompagner des diagonalistes), le BRM 600 de Brest du 26 juin et le BRM 1000 d’Auffay du 23 août…
Au total, 1900 Km !…

(Vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir)

Le trajet du 1000 du Sud

Ce qui a tout de suite attiré mon attention sur ce brevet c’est sa spécificité. Ce n’est pas un brevet de 1000 kilomètres comme les autres. C’est une épreuve appelée à devenir mythique. Une épreuve qui manquait encore en France.
L’itinéraire n’est pas banal, arrière Provence, Ardèche, Vercors, Hautes-Alpes… autant de régions magnifiques évoquant pour moi de nombreux souvenirs.
Bref, je voulais absolument y être. Avant tout pour le parcours. J’ai déjà un 1000 en poche. Cela dit, valider celui-ci serait un plus, surtout pour sa première édition…

La Garde (83130 – 8 Km à l’est de Toulon) étant diamétralement opposé à Brest sur l’hexagone, je fais une première grosse étape le 9 septembre pour rejoindre Jonquerettes (près d’Avignon) ce qui me permet de revoir avec plaisir de la famille géographiquement bien éloignée…

Le 10 septembre, déjeuner avec vue sur le Ventoux :
Vue sur le Ventoux

Pour la nuit avant le départ j’ai réservé à l’hôtel Kyriad de La Garde. J’y retrouve un certain nombre d’autres participants :
Rencontre avant le départ
De gauche à droite sur la photo : Xavier, Jean-François, Sophie qui est à l’origine de ce formidable parcours et Joseph venu de San Francisco exprès pour ce brevet !

Sophie (Voir absolument son blog : Rando Spirit) nous offre à chacun un T-Shirt aux couleurs du « 1000 du Sud ». Elle l’a payé de sa poche mais ne veut rien savoir, pas moyen de participer. Merci encore Sophie.

Le T-Shirt du 1000 du Sud(Le logo du « 1000 du Sud » représenté sur le T-Shirt est une création de Sophie !)

Le soir nous nous retrouvons un certain nombre à partager un repas spécialement concocté pour nous à l’hôtel (essentiellement des spaghettis, volaille, fromage blanc).
Repas du soir avant départSur la photo, de gauche à droite : Jeff, Jean-François, Jean-Philippe, Xavier, Sophie, Joseph.

Sur la photo : à droite Pascal et moi à Gauche.

Samedi 11 septembre 2010, jour J
Déjà au petit-déjeuner, le set de table en papier nous pose une bonne question :Quel saveur aura votre journée

L’hôtel n’est pas loin du départ. En quelques coups de pédales nous y sommes. En étant pré-inscrits par internet les formalités sont vite réglées : 3 € de participation !

07h00 : le départ !

Durant les premiers kilomètres il fait encore frais : 9°. Mais cela ne va pas durer…

Une fois sortis de La Garde nous rejoignons la Provence par des petites routes tranquilles :

Sur la photo ci-dessus, Sophie en conversation avec Jean-Philippe. Jean-François sur son « vélo horizontal ».

La traversée de Peyrolles :

(Jean-Philippe et Joseph de San-Francisco)

À Cadenet (Km 115) nous effectuons une pause ravitaillement. Avec cette chaleur il est nécessaire de refaire le plein des bidons. Il est également important de s’alimenter régulièrement.

Cadenet

Le col du Pointu (Jean-François me prend en photo…) :

… la voilà :

Après ce virage… :

… superbe vue sur le Ventoux :

Dans la descente je suis rattrapé par les trois participants en « vélo couché » :

L’arrivée à Murs, notre premier contrôle :

Le petit village de Murs, Km 153. Le pointage s’effectue au bar de l’hôtel-restaurant Le Crillon. L’occasion de boire deux grandes menthe à l’eau bien fraîches.

Le Crillon à Murs

Mais il faut quitter l’ombre protectrice des vieilles pierres. Je n’en suis pas encore à la moitié de mon objectif du jour : Aubenas (Km 328)…
En arrivant à Mazan (Km 177), encore une belle vue sur le Ventoux :

Malaucène (Km 329)

Vaison-la-Romaine, notre deuxième contrôle, Km 203. L’occasion de s’alimenter à nouveau.

La tenue est débraillée mais il faut bien évacuer la chaleur !
En passant à Mondragon (Km 239), un peu avant 20h00, il faisait encore 28,5°…

En cette saison le soleil se couche tôt. Voici la dernière photo du jour :

Du fait de la chaleur qui m’a obligé à plus d’arrêts et/ou des arrêts plus longs que prévu j’ai une bonne heure de retard sur mon programme. C’est donc de nuit que je vais franchir les gorges de l’Ardèche.
Je profite du troisième contrôle, Vallon-Pont-d’Arc (Km 294), pour prendre un thé et m’habiller plus chaudement. En effet, les nuits sont fraîches et humides.
Encore 34 kilomètres et me voilà enfin à l’Etap-Hôtel d’Aubenas où j’ai réservé une chambre.

Dimanche 12 septembre 2010, deuxième étape
Dans mon plan de route j’avais prévu de repartir d’Aubenas à 05h00. Arrivé plus tard qu’escompté à l’hôtel, j’ai décidé de repousser mon départ pour tenir compte de la fatigue du premier jour. Ainsi c’est à 05h00 que j’ai mis le réveil, pour un départ 45 bonnes minutes plus tard (le temps de prendre une douche pour me réveiller, de tout remballer, de m’équiper pour la fin de nuit, etc…)

Préparation du vélo à Aubenas

Aubenas est à 280 m d’altitude, il va falloir s’élever pour passer le col d’Auriolles (495 m) et surtout le col de l’Escrinet (787 m) avant de redescendre sur Privas.
Dans l’ascension du col de l’Escrinet, alors que le jour n’est pas encore levé, vacarme devant moi : un énorme sanglier traverse la route et part se réfugier dans le talus de l’autre côté. Assez impressionnant ! L’appareil photo était encore dans le sac du fait de la nuit, je n’ai pas d’image de la bête. Mais un article paru dans le Monde du 16 septembre semble indiquer qu’il va falloir s’habituer à se genre de rencontre…

Le Monde du 16 septembre 2010, Sangliers

Col de l'Escrinet

Sitôt le col passé je fonce sur La Voulte-sur-Rhône, quatrième contrôle (Km 376) heureusement situé à 96 m d’altitude. Ça descend donc !

La Voulte-sur-Rhône

À la Voulte je trouve un café dont la terrasse jouxte judicieusement une boulangerie. L’occasion de faire tamponner ma carte tout en prenant un bon « petit »-déjeuner !

Ce moment agréable est aussi l’occasion d’intenses cogitations. Je n’ai validé ce contrôle qu’avec 3 minutes d’avance… La difficulté est de rejoindre Briançon (Km 647) en restant dans les temps. En chemin un certain nombre de cols nous attendent (dont le Lautaret, 2057 m). Après Briançon les contrôles intermédiaires sont basés sur une moyenne inférieure et, normalement, le plus dur est passé. Seulement je me sens bien fatigué. Manque de sommeil (la nuit avant le départ n’a pas été terrible) et la chaleur de la veille m’a bien « séché ».
Que faire ? Continuer sans tenir compte des délais, couper le circuit pour aller de Die à Digne sans passer par Vizille, Lautaret, Briançon ? Ce qui est une façon d’abandonner…
Je cogite en enchaînant les grands cafés et les croissants, me laissant aller au plaisir de ce petit-déjeuner sur une terrasse ensoleillée lorsque arrivent Jean-Philippe et « Joseph le Californien ».

Nous repartons tous les trois ensemble, direction Die.

Passage du Rhône à La Voulte

En arrivant à Die, Jean-Philippe s’arrête net devant une cave de dégustation de Clairette ! Il veut faire goûter celle-ci à Joseph qui ne connait pas. Un bon moment de convivialité !

Un petit verre de Clairette !

(© Jean-Philippe Battu)

A Die nous faisons une pause dans un café, histoire de nous désaltérer, de refaire le plein des gourdes en eau fraîche et de déguster un bon cornet de glace !
Cet arrêt rafraîchissant m’aura fait du bien. En arrivant je ne rêvais que d’aller me coucher !

Puis c’est le départ pour l’ascension du col de Grimone…

En voyant le panneau indiquant que le col de Grimone est ouvert, je dis en plaisantant à Jean-Philippe : « dommage ! »

Col de Grimone ouvert !

Le passage, superbe, des gorges du Gats :

Les gorges du Gats

Au kilomètre 462 nous arrivons à Glandage (858 m)…

Et l’aventure continue, en direction du col de Grimone…

… que nous finissons enfin par atteindre :

Puis le col de la Croix Haute (après être redescendu à 1000 m), où notre trio est rejoint par Jean-François, seul rescapé des vélo-couchés :

On poursuit en direction de Mens, cinquième contrôle.

Le passage du col du Banchet (900 m) :

Et enfin, Mens (Km 499, altitude 775 m), cinquième contrôle :

Là encore, ce contrôle est l’occasion d’un intense debriefing. Il est prévu qu’Isabelle, la compagne de Jean-Philippe nous ravitaille à Vizille (contrôle suivant – le règlement n’autorise une éventuelle assistance extérieure que lors des contrôles).
Joseph décide d’abandonner et de prendre le train à Grenoble pour rentrer à Toulon. Jean-Philippe et Jean-François veulent tenter l’ascension du Lautaret de nuit pour arriver coûte que coûte à Briançon.
J’ai envie de continuer mais me demande comment je vais pouvoir grimper là-haut ce soir sachant que je tombe de sommeil…
Finalement nous repartons tous les quatre. Isabelle va venir à notre rencontre pour « récupérer » Joseph puis ira nous attendre à Vizille pour le ravitaillement prévu. Joseph dormira ce soir à Grenoble et prendra le train pour Toulon demain.

En arrivant à La Mure je me dis qu’il n’est pas raisonnable de continuer à rouler de nuit en étant aussi fatigué. Par chance, au moment de sortir de la ville je vois une pancarte providentielle sur une façade :

Le temps de trouver l’entrée, Jean-François qui était derrière moi arrive. Je l’informe de ma décision de dormir là. J’envoie un sms à Jean-Philippe parti devant « Désolé JP de te lâcher comme ça mais je n’en peux plus. Je suis en chambre d’hôtes à La Mure. Il y a un car pour Gap ».
La jeune femme qui tient la chambre d’hôtes accepte de me préparer un plateau repas, accompagné d’une Pelforth brune…

Après une bonne douche, le lit confortable sera vraiment réparateur.

Alors que la veille au soir j’avais demandé jusqu’à quelle heure on pouvait déjeuner, je suis réveillé bien plus tôt, en forme, et commence à trépigner car du coup, je suis le seul debout !
Je prends une bonne douche, prépare mes affaires, ma décision est prise : je continue ! Je suis venu pour un parcours extraordinaire, et là je n’ai pas été volé ! Autant l’idée de gravir le Lautaret (70 Km d’ascension de nuit) et de redescendre tombant de sommeil sur Briançon me rebutait la veille au soir, autant maintenant j’ai hâte de profiter de ces paysages de jour.
J’envoie un sms à Jean-Philippe « Après une nuit à La Mure, je continue ! Au moins je verrai le Lautaret de jour ! HD mais heureux ! Bonne réussite à toi !!!! Roland »
En retour, Jean-Philippe m’annonce « super mais ai arrêté à Vizille. Bonne route ».
J’apprendrai que Jean-François a continué seul après Vizille, qu’il a réussi a atteindre Briançon malgré la fatigue et le sommeil, pour finalement abandonner.
Je me félicite d’avoir retenu la leçon de l’an dernier lorsque je m’étais lancé de nuit dans l’ascension du col de la République où j’avais fini par rester cloué par un violent orage. Je m’étais dis « ne jamais prendre le risque de devoir dormir en pleine montagne. Plutôt dormir quelques heures dans un lit et n’attaquer l’ascension qu’une fois un tant soit peu reposé ».

Pour l’instant je profite d’un bon petit-déjeuner :

31 kilomètres plus loin me voilà à Vizille, 6ème contrôle (Km 549, altitude 279 m) :

Il nous était conseillé de pointer notre carte chez « Lili Croustille » boulangerie ouverte même le dimanche, et judicieusement placée sur notre route. Inutile d’aller se perdre en centre-ville. Je profite également du contrôle pour me charger de victuailles : sandwich corse, jambon-beurre et quiche lorraine. Une virée gastronomique. Coca pour l’exotisme !

Je garde le jambon-beurre pour un peu plus tard.
Enfin, pas trop. Je le mange à Bourg-d’Oisans (Km 581, altitude 720 m)

Alors que je continue de monter direction le barrage du Chambon (mais non, pas du Jambon, du Chambon !!!) je double un cyclo équipé d’une sacoche et qui a l’air plutôt cuit (comme moi sûrement). Au moment de le dépasser je lui pose la question fatidique : « tu es du 1000 ? ».
« Oui », me répond-il, « je continue pour le fun ! ».
Super ! Nous sommes encore au moins deux à nous accrocher…

Peu après c’est le barrage du Chambon (altitude 1044 m)…

Ah la couleur des lacs de montagne :

Et l’ascension continue.

Et, enfin, le Lautaret :

Le Lautaret est un carrefour. Ici arrive également la route qui redescend du Galibier :

En 1985 (p***** 25 ans !) lors de mon tour de France j’étais arrivé par là (col du Télégraphe, du Galibier, Briançon, l’Isoard…).
Bon, continuons ! La nostalgie de demain est devant nous !
Quel bonheur de descendre jusqu’à Briançon :

Briançon (Km 647, altitude 1265 m), contrôle n°7.
Je fais tamponner ma carte et en profite pour manger un croque-monsieur.

Mon intention, maintenant que le programme est tout chamboulé est d’atteindre Embrun (Km 696) et d’y dormir.
Les cinquante kilomètres que cela représente sont rapidement parcourus. En entrant dans la ville j’aperçois un hôtel-restaurant, je m’y présente. Pas de problème pour obtenir une chambre avec douche et WC, d’y monter mon vélo et le cuistot qui s’apprêtait à plier boutique accepte de me préparer un plat du jour ! Et en plus il y a de la Leffe à la pression ! Vive l’aventure !

Du coup, je complète avec un petit dessert…

Mardi 14 septembre 2010

Le réveil est calé pour un départ d’Embrun à 05h00.

Je commets l’erreur de partir un peu trop légèrement vêtu. Embrun est à 869 m d’altitude et les 100 prochains kilomètres oscillent entre 900 et 1300 m. Et les nuits en montagne sont fraîches et humides.
Je fini par m’arrêter au bout d’une trentaine de kilomètres pour enfiler chaussettes de laine, veste et gants.
En arrivant au col Saint Jean (1333 m) un café semble ouvert. Je m’arrête pour deux grands cafés accompagnés de brioches tirées de mon sac. Quelles chance ! Je n’espérais pas pourvoir trouver un bistrot ouvert si tôt en montagne.

La route pour Digne-les-Bains nous fait franchir encore d’autres cols :

Puis c’est la descente sur Digne (Km 791, altitude 600 m).
Je profite de la ville pour un ravitaillement rapide et me changer car maintenant il fait très chaud et la route va remonter.

Le col de l’Orme, Km 800 :

J’arrive enfin à Saint-André-les-Alpes, 8ème contrôle (Km 833, altitude 889 m).
J’étais passé à St-André l’an dernier lors de mes diagonales Brest-Menton et Menton-Brest. C’était même un point de contrôle lors de cette dernière.
Je vais donc droit vers la terrasse du café où je m’étais arrêté l’an dernier. Mais en un an tout a changé… le type sympa est remplacé par une bonne femme : « non, il n’y a rien à manger », « non, je n’ai pas de tampon », « oui, mais non, on a changé de gérant ».
Dans ce cas je vais voir à la pizzeria à côté.

Je valide mon contrôle et du coup commande une pizza « Moriez » (le nom du village 4 Km avant St-André), pizza mexicaine !!!
Et une grande bouteille d’eau minérale gazeuse. « Une grande bouteille, vous êtes sûr ? », « Ne vous inquiétez pas, ça ne me fait pas peur ». Rire de la dame à la table d’à côté.

Je repars pour le barrage de Castillon. La couleur du Verdon est toujours aussi extraordinaire :

Le barrage de Castillon :

Une inscription sur le barrage qui pourrait très bien s’appliquer au cyclisme sur longues distances :

Maintenant je file sur le 9ème et dernier contrôle intermédiaire.

Ponts-de-Soleils, Km 866, altitude 652 m :

J’arrive à Carcès (Km 948, altitude 131 m), 9ème et dernier contrôle avant l’arrivée.
À Carcès il y a de très jolies façades peintes. Mais les photographier de nuit au flash, ca ne leur rend pas justice. Il vous faudra donc attendre la prochaine édition pour les voir en photo sur ce site !

La partie Carcès – La Garde est la seule que j’aurais finalement trouvé interminable. Il fait nuit noire. Carcès est à 131 m et La Garde à 35 m et pourtant je n’en fini pas d’osciller autour des 200 m d’altitude. Mais quand vais-je enfin descendre ?
Bon, tout a une fin, et me voilà enfin devant la boîte aux lettres du « Triple Plateau Gardéen », club organisateur.
Même si j’ai dépassé le délai accordé je remets tout de même ma carte. Je n’ai pas abandonné, j’ai suivi l’intégralité du parcours prévu. Je suis arrivé avant minuit (de peur que mon vélo ne se transforme en citrouille !).

Bilan personnel

Cette épreuve est certes exigeante physiquement, mais nous le savions avant le départ. On ne part pas pour un parcours de 1005 Km de montagne en s’imaginant que « ça va être du gâteau ».

Le parcours est vraiment magnifique. Je m’en suis mis « plein les mirettes ».

Je n’ai pas tenu le délai des 75 heures mais j’ai du mal à être déçu lorsque je me revois à l’hôpital en avril, sous morphine, après mon opération de l’épaule.
Je suis rentré à Brest le 16 septembre au soir. Le 17 j’avais une nième séance de rééducation à l’hôpital. « De toute façon, dites vous que vous en avez encore pour un an avant de retrouver une mobilité normale de l’épaule » me dira la kiné…

J’ai connu une « surchauffe » des tendons des genoux sur la fin mais quelques jours après l’arrivée tout va bien. Heureusement, car le 26 septembre prochain je pars pour 3100 Km : Brest-Strasbourg, Strasbourg-Perpignan, Perpignan-Brest…

Sophie Matter annonce que la deuxième édition du « 1000 du Sud » aura lieu l’an prochain du 15 au 18 septembre 2011 au départ de Carcès.
Pour septembre 2011 j’ai déjà un projet bien précis… mais plus j’y pense plus celui-ci me semble compatible avec une participation à la deuxième édition du « 1000 du Sud »…

Le récit (en anglais) de Joseph, Randonneur de San Francisco

28 Juin2010
 

En 2011, du 21 au 25 août aura lieu le 17ème Paris-Brest-Paris (PBP). Au cas ou l’organisation se verrait dans l’obligation de limiter le nombre d’inscriptions, une priorité sera accordée aux personnes ayant réalisé des brevets en 2010. Plus le brevet réalisé en 2010 sera long, plus tôt on pourra se pré-inscrire en 2011 pour le PBP.

Du fait de la fracture de mon épaule j’avais interdiction de reprendre le vélo jusqu’au 24 juin. À cette date tous les brevets de 200, 300 et 400 Km avaient déjà eu lieu. Ne restait en France qu’un brevet de 600 Km, au départ de Brest le weekend du 26-27 juin. Après cela, il n’y aurait plus que des brevets de 1000 Km…
Lorsque le chirurgien m’annonce le 24 juin que je peux reprendre le vélo « prudemment », il m’est évident qu’il me faut réussir le brevet de Brest pour m’assurer une inscription au Paris-Brest-Paris de 2011 (sous réserve de réalisation des brevets qualificatifs de l’an prochain).

Au départ d’un brevet de 600 Km, qui plus est fin juin, les cyclos ont en général plusieurs milliers de kilomètres au compteur. Souvent dix fois cette distance.
Dans mon cas, en additionnant VTT et vélo de course, j’atteins 217 Km… Est-ce bien raisonnable ?
Si mon entrainement se résumait à ce chiffre, la réponse est clairement NON. En réalité, si j’ai très peu de kilomètres sur route, je cumule un grand nombre d’heures d’entrainement « indoor » sur mon ergomètre. L’occasion de vérifier l’efficacité de ce type de préparation.

26 juin 2010 BRM 600 Km de Brest

Le départ à lieu à la maison de quartier de Lambézellec à Brest, à 06h00 le samedi 26 juin.
Pour un brevet de 600 Km nous disposons de 40 heures maximum soit jusqu’au dimanche 27 à 22 heures.

J’arrive quelques minutes avant le départ, le temps de sortir le vélo de mon véhicule, de remplir la feuille d’inscription et c’est parti !
Les autres participants partent groupés. Connaissant bien la région je prends mon temps, j’aime bien rouler seul. Nous avons 600 kilomètres à faire, mon objectif est de valider ce brevet, non de faire un temps. Je préfère ménager mon épaule.

La première étape (Brest – Carhaix, 90 Km) m’est archi-connue: Guipavas, Landerneau, Sizun, le Roc’h Trévézel, Huelgoat…
Arrivé au Roc’h Trévézel, peu après 08h00, je bats mon record de distance de l’année : 54 Km ! Le temps est superbe, la journée s’annonce chaude.

Vue du Roc'h Trévézel

À Carhaix, premier contrôle que je valide dans une boulangerie en achetant un gros sandwich jambon-fromage. Je le complète par un coca et refait le plein de St-Yore à la supérette jouxtant la boulangerie.
857 m ont été gravis pour atteindre Carhaix soit un dénivelé de 952 m / 100 Km.

Carhaix, premier contrôle

Ce samedi était organisé également une manifestation cycliste, la « Pierre le Bigaut », 18ème édition d’une manifestation de masse (6857 participants cette année sur différentes distances) dont la principale vocation est d’aider la recherche sur la mucoviscidose. Le problème est que notre parcours s’emmêle dans ceux de cette manifestation. Impossible de rejoindre Maël-Carhaix par la route prévue qui est à contre-sens de la manifestation ce qui oblige à un détours. Parfois on se retrouve au milieu des participants et il faut de la persuasion pour expliquer aux bénévoles (ou aux gendarmes) lorsqu’à un carrefour on quitte le troupeau…
Par chance (et grâce au GPS) cela ne me coûtera que 2 Km de supplément.

Le contrôle suivant, Corlaix (Km 134) se fait dans une petite supérette. J’en profite pour refaire le plein d’eau et me ravitailler.
Le dénivelé depuis le départ est de 1307 m soit pour cette étape de 44 Km : 1023 m / 100 Km.

Il fait maintenant très chaud (30°). Par chance nos petites routes nous amènent régulièrement dans des passages ombragés.

J’arrive au troisième contrôle, à la Trinté-Porhoët (Km 190) peu après 15h00. Là encore une supérette me permet de refaire le plein d’eau et le patron me propose de me faire un sandwich.
Je continue donc d’appliquer mon principe : boire régulièrement à vélo et m’alimenter à l’ombre lors de chaque contrôle, en n’absorbant que des aliments « normaux » (à savoir pas de produits « pour sportifs » toujours trop sucrés à mon goût).

Dénivelé depuis le départ 1919 m soit pour cette 3ème étape de 56 Km : 1093 m / 100 Km.

La quatrième étape nous mène à Bécherel, le point le plus à l’est de notre parcours. Cette étape de 56 Km sera la plus dure. Malgré la quantité d’eau absorbée depuis le départ (plus de 8 litres) je suis déshydraté. Cette partie très peu ombragée expose tout à la fois à la chaleur et au vent de nord-est quasiment de face. J’ai vraiment l’impression de me trainer. J’ai hâte d’atteindre ce quatrième contrôle pour pouvoir absorber une boisson fraiche et non de l’eau chaude au goût de plastique. Je compte aussi sur une baisse de la température en soirée et, avec la route qui passe cap au sud direction Redon, bénéficier d’un vent enfin favorable.

Bécherel est un charmant village, connu pour ces librairies. J’y suis vers 18 heures.

Contrôle de Bécherel

Une bonne pause, de la menthe à l’eau bien fraiche et, là encore, une supérette pour refaire le plein de St-Yore.
J’achète une carte postale au cas ou j’arriverais trop tard à Redon pour trouver un commerce encore ouvert.

En arrivant à Bécherel je comptais sur le miracle bien connu des contrôles : une petite pause, un ravitaillement succin et comme par enchantement on passe de l’état « exténué » à l’état « bon pour la route ». Il était de toute façon hors de question de s’arrêter si tôt. Je n’en suis qu’à 246 Km, la moitié n’est pas encore atteinte.
Total des montées : 2367 m. Soit pour cette étape de 56 Km : 800 m / 100 Km.

À 21h50, en sortant de Guer je « cabane » : Km 300. Inutile de faire demi-tour, il y a maintenant autant de kilomètres derrière que devant !

Finalement ma petite pause à Bécherel m’a permis d’atteindre Redon avant minuit (23h45 en fait) et donc de valider ce 5ème contrôle dans un bar encore ouvert.
J’en suis au kilomètre 332 pour un dénivelé total de 3019 m. Soit une étape de 86 Km avec un dénivelé de 758 m / 100 Km.

Le prochain contrôle n’est que dans 170 Km. Je décide de sortir de Redon et de profiter de cette belle nuit sèche et tiède pour faire un petit somme à la belle étoile, ou plutôt à la pleine lune.
Je repère un champ un peu masqué de la route par un bosquet, et m’installe pour une bonne « sieste ». J’enfile tous mes vêtements, me roule dans ma couverture de survie et règle le réveil sur 04h30.
En fait je vais très bien dormir malgré les conditions spartiates de mon « campement » à même le sol et me réveiller tout seul à 03h30. Je décide de repartir sans attendre. Je me sens reposé et me dit qu’il vaut mieux garder cette heure de gagnée pour l’après-midi qui risque d’être encore bien chaude.
Alors que je commence à ranger mes affaires je vois passer sur la route un cyclo. Il est toujours magique de voir un cycliste en pleine nuit : pas un bruit, juste un puissant éclairage à l’avant et un clignotement rouge à l’arrière.

Une fois revenu sur la route je me demande si je rattraperai le gars que j’ai vu passer un peu plus tôt. Mine de rien il s’est écoulé un certain temps entre son passage et mon « re-décollage ».
Je n’en fais pas un objectif. L’essentiel étant de rouler à son rythme.
Mes trois heures de sommeil m’ont fait du bien, malgré tout je prendrais bien un grand café. Ça ne sera pas pour tout de suite évidemment. Il n’est que 04h00, j’ai hâte de tomber sur le premier troquet ouvert…
Je me mets progressivement à fantasmer de plus en plus sur un bon café et une paire de croissants…
Soudain, au détour d’un virage, je perçois furtivement un feu rouge au loin. Est-ce mon cycliste de tout à l’heure ? Si je le rattrape c’est que je roule plus vite que lui. Voilà une motivation qui va me détourner un peu l’esprit de mes viennoiseries…
Je finis par le rattraper. Lui ne s’est pas arrêté pour dormir… Nous allons rouler de concert pendant un certain temps.

À partir de 06h00 je compte sur l’ouverture des bistrots. Malheureusement les villages que nous traversons sont totalement endormis. Je commence à me faire à l’idée qu’il me faudra tenir jusqu’à 07h00…
Décidément nous sommes dans des contrées de lève-tard… bientôt 08h00 et toujours rien d’ouvert…
En arrivant à Pluméliau (Km 420) nous tombons sur un camping-car à l’arrêt entouré de quelques cyclos. Ils sont sur le même brevet que nous mais ont leur assistance… Ils sont en train de prendre leur petit déjeuner… Mon compagnon de route leur demande s’ils n’auraient pas du café à offrir et c’est bien volontiers qu’ils nous en proposent avec du pain d’épice.
En fait je suis le seul à accepter, mon collègue préférant déjeuner avec… des boîtes de sardines et de maquereaux sorties de ses sacoches… Personnellement, l’idée de déjeuner avec du maquereau… non je préfère de pas y penser…

Après avoir apprécié un gobelet de café et une tranche de pain d’épice je repars pour quelques dizaines de mètres, 08h00 sonnent et une supérette est en train d’ouvrir !
J’en profite pour m’acheter des sandwiches et du coca que je consomme immédiatement en guise de petit-déjeuner, ainsi que de la Saint-Yore pour refaire le plein de mes bidons.

Rassasié et ragaillardi par cet arrêt profitable, je me sens d’attaque pour rejoindre sans souci le contrôle suivant, le 6ème : Coray.
Il fait à nouveau très chaud. C’est avec plaisir que je profite du contrôle pour me désaltérer de menthe à l’eau bien fraîche.
Il est 13h00. J’en suis à 501 Km et 4557 m de dénivelé depuis le départ, soit pour les 169 Km de l’étape Redon-Coray : 910 m / 100 Km.

Une bonne menthe à l'eau bien fraiche !

Plus qu’une centaine de kilomètres, normalement c’est bon…
En attendant il fait vraiment très chaud et la route est particulièrement casse-pattes puisque de Coray nous rejoignons le Roc’h Trévézel mais en redescendant d’abord pour franchir la vallée de l’Aulne.

En chemin, sachant que j’ai de la marge, je profite d’une aire de repos pour m’octroyer un petite sieste à l’ombre…
(…)

17h45, Sizun, dernier contrôle avant l’arrivée. Encore une bonne menthe à l’eau bien fraîche.
Km 565, 5260 m de dénivelé depuis le départ soit pour ces 64 Km : 1098 m / 100 Km.

Sizun, dernier contrôle avant l'arrivée !

Les 41 derniers kilomètre se feront avec comme seul souci la circulation de ce dimanche soir. Tous les radars étant sur les voies express, les automobilistes s’en donnent à cœur-joie sur les départementales…

C’est à 20h15 que je boucle ce brevet, avec 606 Km et 5627 m de dénivelé soit 929 m / 100 Km pour l’ensemble du parcours (895 m / 100 Km pour la dernière partie Sizun-Brest).

(…)