06 Août2019
 

Les deux premières éditions de la Transcontinental Race (TCR) partaient de Londres, les quatre suivantes de Geraardsbergen en Belgique.
Le parcours se faisait, globalement, d’ouest en est.

Pour la 7ème édition le parcours partait de Burgas en Bulgarie (au bord de la mer Noire) pour arriver… à Brest !
Donc pour la première fois un parcours d’est en ouest.

Est-ce que ce changement de direction est la marque d’une nouvelle ère ?… toujours est-il que le coureur en tête est… une coureuse ! à moins que ce ne soit une coureure ?

Bref, Fiona Kolbinger, casquette n°66, allemande de 24 ans est annoncée comme arrivant ce jour à Brest.

D’après les données de son tracker elle devrait passer le Roc’h Trévézel vers 05 heures du matin…

Je suis crevé mais je mets mon réveil à 3h00 et décide d’aller l’attendre « là-haut dans la montagne »…

05h38, un phare dans la nuit :

TCR 2019 - n°7 - Fiona Kolbinger n°66

Hors de question pour moi de « mettre un coup de flash ».

Au passage je lui demande si elle a besoin de quelque chose… café, thé…
Elle me répond qu’elle n’a pas le droit…
Ce qui est faux. Je ne la connais pas et ne suis pas là en tant qu’assistance personnelle (si d’autres coureurs passaient je leur proposerais également).

Je repars, la double prudemment (son éclairage arrière est particulièrement faiblard…).

À Sizun, la boulangerie ouvre à 6h00.
Je m’y arrête et décide de l’attendre.
Comme prévu elle s’y arrête (06h15).
Je commence à discuter avec elle lorsque, au moment où je la prends en photo, surgissent deux journalistes… et du coup la miss se referme comme une huitre et se fâche…

TCR 2019 - n°7 - Fiona Kolbinger n°66

Elle envoie paitre les journalistes disant que l’organisation se charge des photos…
Comme pour s’excuser malgré tout, elle repart en leur disant qu’elle n’a pas dormi depuis 80 heures…

Je reprends la route pour rejoindre le pont Albert Louppe.

Sur le pont nous somme cinq à l’attendre.
Deux femmes sont arrivées ensemble.
Nous sommes trois hommes. Nous ne nous connaissons pas.
Alors que nous ne demandons rien à personne, une des deux femmes nous prend à partie… « ah, ça vous fait bien ch. que ce soit une femme qui gagne. Ça va les emm. à la FFC… »
Bref, on tombe des nues…
Des machos à six heures du mat’ sur un pont en plein vent pour voir gagner une femme c’est pourtant encourageant non ?

C’est « drôles » car, clairement, les deux femmes sont venues féliciter une femme alors que les trois hommes sont venus pour le vainqueur de la TCR. Même si c’est une vainqueure, une vainqueuse ou une vainqueresse !

07h37, la voilà :

TCR 2019 - n°7 - Fiona Kolbinger n°66

TCR 2019 - n°7 - Fiona Kolbinger n°66

TCR 2019 - n°7 - Fiona Kolbinger n°66

TCR 2019 - n°7 - Fiona Kolbinger n°66

L’arrivée officielle de la course a lieu à l’auberge de jeunesse de Brest (port de plaisance du Moulin Blanc). Donc juste à l’entrée de la ville. Pour tout dire, en dehors de la ville.

Une quinzaine de personnes se sont déplacées pour assister à son arrivée… elles seront bien déçues…
L’organisation fait entrer Fiona dans l’auberge et verrouille les portes au nez et à la barbe de tout le monde… y compris du journaliste local venu couvrir l’événement…
Plus tard, Fiona sera exfiltrée par une petite porte…

Comme vous pouvez le constater sur les photos ci-dessus, elle ne transportait pas grand chose (pas même de gilet réfléchissant, pourtant obligatoire en France. Ce qui est rappelé dans le règlement… Mais je n’en dirais pas plus… c’est un coup à se faire traiter de macho… !)

Son vélo et son chargement :

TCR 2019 - n°7 - Fiona Kolbinger n°66

TCR 2019 - n°7 - Fiona Kolbinger n°66

Remarque : en ces temps troublés, il devient difficile de s’exprimer. La femelle du coureur est-elle une coureure ou une coureuse ?
Pour peu qu’elle arrive en tête (n’en déplaise à la FFC 😉 ), s’agit-il d’une vainqueure, d’une vainqueuse ou d’une vainqueresse ?
Sur ce dernier point, mon Grand Robert, à « vainqueur » indique : « Le mot n’a pas de féminin (on trouve vainqueresse au xve s.) et on l’emploie pour désigner une femme .
Mais c’est vrai qu’il commence un peu à dater…

Autres arrivées de la TCR n°7 :

  7 Responses to “TCR 2019 – 7ème édition – Arrivée de la vainqueresse !!!”

  1. Bonsoir
    C’est dingue aucun change. Dix jours à baigner dans son jus cela me laisse pantois. Sans mégoter néanmoins sur la performance..

    • Oui, la performance est remarquable.
      J’avais regardé le décompte de son temps à l’arrivée.
      Ce n’est pas tant qu’elle roule très vite mais qu’elle s’arrête très peu…
      En gros elle roulait 20 heures par jour…
      À Sizun, elle semblait totalement à cran, elle a répondu au gars de l’Équipe Magazine qu’il y avait 80 heures qu’elle n’avait pas dormi…
      C’est l’éternelle question… est-ce naturellement possible ?…

    • Elle avait deux arrêts à l’hôtel dont un au pied du Galibier en particulier pour l’hygiène.

  2. Pour les « 80h sans dormir », je ne pense pas.
    Les dernières 24h, oui, mais la nuit précédente – donc celle du dimanche au lundi – elle s’était arrêtée environ 3h30 à Buzançais, la nuit d’avant environ 5h30 à Rives-de-Gier et la nuit d’avant env. 5h30 à St-Michel de Maurienne en hôtel.
    Plus quelques « naps » en journée le long de la route.
    Après, s’arrêter ne veut pas dire forcément dormir « longtemps » et bien.

  3. Ah et sinon, ta photo est intéressante car la seule de dos que j’ai pu voir. Sa veste « Rapha souplesse rain shell », comme détaillée dans son « bagage », a deux bandes réfléchissantes au dos.
    Et, en l’occurence, la nuit, ce sont bien les bandes réfléchissantes qui comptent. On peut avoir tous les gilets fluo – jaunes, roses, orange.. – qu’on veut, ils ne se voient pas plus dans la lueur des phares que n’importe quel vêtement un peu coloré.

    • Oui j’avais bien repéré ces bandes réfléchissantes.
      Et effectivement ce sont les dispositifs réfléchissants les plus importants.
      Reste que… cette veste est-elle homologuée (il y a une norme CE bien précisée dans le code de la route).
      Lorsqu’on pense « visibilité des cyclistes », on pense toujours à la nuit.
      Un peu trop vite il me semble.
      Je considère que les moments les plus dangereux pour nous sont l’aube et le crépuscule.
      Ce qu’on appelle « entre chien et loup ».
      Et là, le réfléchissant est moins efficace et dépend fortement des phares des automobilistes… qui ne sont pas toujours allumés à ces moments précis…

  4. merci pour ces photos Roland

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